mardi 19 mai 2015

Just For Jive


- Comment ça va, Cab ?

Dans les commentaires, on évoquait les ré-orchestrations du répertoire de Cab en fonction des changements de mood des décennies traversées. Cela pour dire qu'il est difficile de parler d'enregistrements originaux stricto sensu. Si vous aimez la brillance cuivrée des enregistrements captés durant les années 40, l'album Are You Hep To The Jive ?* qui rassemble 22 titres gravés entre 1939 et 1949 (dont Boo-Wah Boo-Wah ci-dessus) explosera dans vos oreilles comme la merveille de swing, d'imagination et d'élégance qu'elle est toujours.

*Coll. Rythm and Soul, Legacy/Columbia

lundi 18 mai 2015

JUST FOR FUN !



On a envie que ça saute aux yeux et que les couleurs éclaboussent le continuum d'ennui des villes postmodernes, alors on retourne aux fondamentaux. Sur la b.o. ? Du sévère !
Et aussi, Back In The USA, l'album définitif du MC5 ou quand le rock'n'roll était dangereux. On retrouve le band capté au Beat Club en 1972 avec une version démente de Tonite. Play it very loud ! La bande-son de ceux qui ont en assez de vivre dans la république des invertébrés.
Belle nuit

samedi 16 mai 2015

Ceux qu'on écoute toujours



Le grand Gégène dans Jezebel.
Ce n'est pas la première fois que je dépose ce titre de Gene Vincent mais après huit ans, vous me pardonnerez le doublon.
Bon ouikend

Radio Land



J'ai aimé les 80's à Genève aussi pour la qualité des passerelles lancées entre le rock, la radio et la BD. Des pionniers - Papiers Gras, Cumulus*, etc. - organisaient des événements (vernissages, festivals, soirées thématiques) relayés par Couleur 3 où étaient conviés les meilleurs créateurs de mickés français, tous passionnés de rock'n'roll sérieux au point de monter un groupe de dessinateurs qui donna même quelques gigs bien arrosés. Ensuite, on se retrouvait devant l'excellente fondue du Café du Soleil au Gd-Saconnex (à côté de Genève) avant d'aller finir la soirée et brûler la nuit à la cave de la rue Argand ou à l'éphémère mais inoubliable Pavillon Noir animé par Gaby, Danielle et leurs copains.

Régulièrement, des gens me demandent "C'était vraiment mieux avant ?" Mieux, je ne sais pas. Plus direct et franc de collier, oui. L'air que l'on respirait était plus sec parce qu'il n'y avait pas les intermédiaires, les petits chefs, les sous-traitants et les incompétents corporate qui ont fait florès dans le système des petits copains. Nos lignes hiérarchiques étaient beaucoup moins encombrées. Au final, les vrais talents émergeaient car les décideurs (producteurs, rédacteurs en chef, chefs du personnel) ne craignaient pas qu'ils leur fissent de l'ombre. A chacun son job selon ses compétences était le modus operandi. Depuis la multiplication des postes dans la comm' et aux RH, jamais les gens ne se sont sentis moins informés et soutenus. Mais tout n'est peut-être pas aussi bloqué que l'on pense car depuis quelques années, des petits, moyens et grands patrons, en accord avec leur personnel, ont décidé de libérer leurs boîtes du vampirisme des RH.
J'allais oublier de mentionner un paramètre alors inexistant, du moins dans ses formes totalitaires actuelles, le politiquement correct qui a profondément réduit la liberté d'expression par l'auto-censure permanente qu'il implique.

Illustration: Radio Lucien par Margerin.

* Une pensée pour son animatrice Christine Wagnières qui nous a quittés en mars dernier.

jeudi 14 mai 2015

En forme(s)


On débute ce faux dimanche en douceur et en forme(s) ou quand les femmes affichaient leurs courbes. Je ne sais pas qui est cette jolie personne vue ici mais elle (re)donne envie de chanter Die Welt ist so schön/Le monde est si beau.
(Merci à Yaya de cette séquence Schlager im Kino.)

lundi 11 mai 2015

Drôles d'oiseaux (de nuit)



Mae Murray in Peacock Alley
Source
Sur la b.o., invitée par Debout, retrouvons Miss Grace Chang qui nous chante Tiger Lady.

Fragments


Fragment d'une couverture pour All Detective Magazine par Raphael DeSoto.

Le loner parle ! Dans un long entretien avec John Robb qui l'interrogeait il y a quelques temps avec intelligence en le laissant répondre, contrairement à tant de médiocres animateurs de talk shows, Mark Lanegan évoqua parmi d'autres souvenirs sa découvertes du punk rock quand, ado, il fréquentait une boutique de sa ville qui vendait des comics et des vinyls. Les deux univers ont pas mal de passerelles. (L'interviouve filmé est en anglais.)

Pour aller avec, j'ai eu envie de réécouter No Bells On Sunday, même si c'est lundi. Belle semaine.

jeudi 7 mai 2015

The night is calling


Ann Dvorak, Ombre et lumière
Dans Our Very Own/Celle de nulle part, réal. David Miller en 1950.

En regardant l'image de cette actrice vieillissante forcément condamnée aux seconds rôles, je me demande s'il existe un âge-buttoir au-delà duquel il est illusoire et vain d'espérer parvenir à se réinventer. Ici, dans ce mouroir artistique, c'est plié, mais est-il utopique de croire en quelque chose d'incarné ailleurs, loin de l'immobilisme étouffant qui plombe la vie du glacis genevois où triomphent les fausses valeurs et les vrais crétins*. Certain jour, la somme des lâchetés, des incompétences et de la bêtise des abrutis en réseaux devient si lourde à supporter - et pour quels enjeux ? - que je rêve d'un nouveau départ dans une vraie cité droite dans ses bottes. Le divorce avec le présent est très réel mais avec quinze ans de trop au compteur, la possibilité de se (me) réinventer* semble compromise et pourtant il faut continuer, continuer à faire du quotidien - même aplati et dévalué par les idiots - quelque chose de pas ordinaire comme l'écrivait si joliment Antoine Blondin.
A plus loin.

* Je pourrais me faire cureur d'oreilles à Delhi (authentique) ou testeur de sacs de couchage pour la marque Wild Life, mais je doute des possibilités d'épanouissement personnel liées à de tels jobs.

Note du 11 mai :
Chaque jour je me répète "Ne pense plus aux imbéciles - ils sont légion et quoique tu entreprennes tu es battu, forcément - et pourtant leur bêtise s'insinue au fil des heures, ce poison lent dont il n'existe pas d'antidote efficace sur la durée. Mets une bonne plaque, attrape un livre brillant, ouvre une bonne bouteille... Tu as lancé ce blog pour y évoquer les artistes et les œuvres que tu aimes, alors tiens ta ligne et oublie les fâcheux locaux, nationaux et planétaires."

Note du 14 mai :
On pourrait créer une association. C'est la grande affaire à Calvingrad au point que la multitude d'associations aux raisons sociales les plus ésotériques qui enserrent le tissu social est aujourd'hui une manne électorale pour les candidats pratiquant le clientélisme. (Les enveloppes de certains Départements sont si juteuses qu'elles suscitent des vocations.) Avant tout, il faut trouver un nom, La Marche par exemple. Ainsi, La Marche est le regroupement de tous ceux qui l'ont ratée et sont marginalisés. On publie les statuts, on convoque une AG pour élire le président, le secrétaire et le comptable. Ensuite, on peut demander (exiger !) une ligne au budget de la ville - de quoi payer le salaire du permanent et demi (?) - et une jolie villa du parc immobilier, mais pour l'obtenir il faut être bien en cour, et cette exigence laisse à désirer... Mais quoi ! Sautons-les (les marches) car déjà, j'apprends que des jaloux veulent lancer Le Marchepied.

On ze beach



Yaya m'a fait parvenir des images et des sons épatants pour le printemps. En attendant de les intégrer à un billet, voici une très courte séquence extraite de A cœur joie avec BB et Laurent Terzieff. (1967)
L'affaire fut réalisée par Serge Bourguignon.

dimanche 3 mai 2015

Ceux qui s'exposent



Ce dimanche pluvieux est le dernier jour de l'exposition consacrée à William Eggleston par le musée de l'Elysée à Lausanne.

Pour chasser le spleen, rien ne vaut une petite rondelle de northern soul.
Dans When I'm Gone , Brenda Holloway est aussi très bien.
Bon dimanche

vendredi 1 mai 2015

1er mai...





... Claviers bien tempérés.

Le 7 mai 2015:
Je retiens la suggestion de El ReRex, un titre gravé par l'improbable Anton LaVey qui s'accompagnait à l'orgue dans Sings A Love Song.
En supplément, toujours par LaVey, Satan Takes A Holiday*, une reprise d'une compo de Tommy Dorsey.

* Trêve de printemps ? C'est un vœu pieux, si j'ose dire.

jeudi 30 avril 2015

Nos copines les chorus girls


En haut à droite, on reconnaît Anita Ekberg sur une photo promo pour Abbott and Costello Go To Mars.
A bientôt

Ceux qui ont la vista



René Burri :
La villa Savoye dans les Yvelines construite entre 1928 et 1931 qui servit un temps de grange à foin (!) et son architecte Le Corbusier sur le tarmac de l'aéroport de Zurich/Kloten en 1960.

Comme la plupart des artistes et intellectuels à l'avant-garde dans les années 20 et 30, des chrétiens sociaux de Marc Sangnier aux surréalistes staliniens du commissaire Aragon, Le Corbusier s'est intéressé aux régimes totalitaires. Face à l'incurie de la IIIe République, les solutions fortes offraient l'illusion d'une solution aux questions économiques, sociales et politiques. Il est facile aujourd'hui, bien assis dans les pantoufles du confort intellectuel avec une belle conscience en bandoulière, de monter des procès en sorcellerie aux créateurs majeurs du XXe siècle en oubliant que l'architecte madré des années 50 et 60 n'était plus le jeune chercheur de l'entre-deux guerres. Mais les nuances ont passé à la trappe et les donneurs de leçons se lâchent sans pudeur.

Source photos

dimanche 26 avril 2015

Au temps du Cinéma




Une légère gueule de bois, pas forcément désagréable du reste. Je mets le nez dehors pour une course rapide. Tout semble figé, vidé. L'essorage dominical... Je rentre et je reprends En tête en tête avec Orson - Conversations entre Orson Welles et Henry Jaglom. (cf plus bas):

Orson Welles : (à propos de l'influence de la Rome antique et de l'empire romain chez Napoléon puis chez les dictateurs du XXe siècle.) Quand on se penche sur le césarisme mussolinien, il y a notamment le salut fasciste. Or, c'est Cecil B. DeMille qui l'a inventé. Il devait trouver un geste à faire accomplir à toutes ces foules dans son film*, tous ces figurants, et Mussolini l'a repris de là. Et après, c'est passé à Hitler. Et depuis, n'importe qui d'autre l'a fait aussi.
Henry Jaglom : Donc, Mussolini voit la version de donne DeMille de la Rome antique et décide que...
OW : Oh, tu auras des historiens qui vont pousser les hauts cris et prétendre que ce n'est pas vrai, mais je n'ai jamais pu trouver quiconque capable de prouver que c'est faux. Et j'ai eu quelques polémiques avec certains d'entre eux à Rome. Je leur ai dit : "Revenez me voir lorsque vous pourrez me montrer que tout le monde saluait généralement de cette manière." Ils ne saluaient pas comme ça, au début de l'ère fasciste. C'est seulement après la sortie du film qu'ils ont commencé. Ils ont repris le césarisme parce que c'était alors la vogue des grands spectacles romains, aussi bien en Italie qu'en Amérique.
HJ : Et pourquoi Napoléon se tenait toujours de cette façon ?
OW : Un grand acteur de son temps lui a donné ce conseil : "Vous êtes italien et tout petit. Vous avez l'air ridicule. Et quand vous parlez, vous agitez les bras dans tous les sens. Gardez votre main passée dans votre tunique." C'était au moment du Directoire, quand il était encore possible de lui parler aussi franchement. Et Napoléon a ajouté : "Et ne jamais porter l'uniforme d'un grade plus élevé que caporal."

* Il s'agit de Cleopatra avec Claudette Colbert (1934)

Vrai ou inventé par Orson au cours de la conversation avec Jaglom ? On s'en moque parce qu'on a besoin de le croire.

Rappel, En tête à tête avec Orson a été préparé et annoté par Peter Biskind et traduit en français chez Robert Laffont.

samedi 25 avril 2015

Transports : saute qui peut !


Par Stanley Borack (1927-1993) pour le paperback The Man From Avon en 1967.
Ses illustration ont quelque chose d'excessif. Grâce à sa technique, il pouvait jouer des clichés qu'il figeait dans une outrance pop singulière immédiatement reconnaissable parmi les travaux d'autres artistes de sa génération, des types qui savaient dessiner.

Source et aussi (une galerie choisie avec goût.)

Conversations avec Orson Welles


L'autre jour, l'ami Olivier déplorait l'inversion totale des valeurs à l'ère post moderne:
Tout ce qui était bon est aujourd'hui mal: la vitesse, la bonne bouffe, le style, l'échelle des plaisirs artistiques, les genres...
Un grand format n'aura pas - heureusement pour lui - vécu et subi ce soft goulag, c'est Orson Welles dont j'ai débuté la lecture des conversations avec Henry Jaglom, un cinéaste américain libéral. (Aujourd'hui, on dirait un bobo.) Il balance, le père Orson et pas qu'un peu. A propos de Katharine Hepburn et ses collègues, par exemple:

Orson Welles: (...) Elle a couché avec la moitié de la ville.
Henry Jaglom: Hein ? Hepburn ?
OW: Et comment ! J'étais à côté d'elle dans la salle de maquillage pendant le tournage de Kane - elle se préparait à jouer dans A Bill Of Divorcement/Héritage 1932 et elle a décrit tout haut comment elle se faisait baiser par Howard Hughes, en employant carrément le mot "baiser". La grande majorité des gens ne parlaient pas comme ça à l'époque. Sauf Carol Lombard. Pour elle, c'était naturel, elle n'aurait pas pu s'exprimer d'une autre façon, tandis que Katie (Hepburn), avec son élocution de jeune fille de la haute, on se disait que c'était intentionnel de s'exprimer de cette manière. Grace Kelly couchait à tout va, elle aussi, à commencer dans sa loge quand personne ne regardait, mais elle n'en parlait pas. Katie était différente. Dans sa jeunesse, c'était une femme libre. Comme les filles le sont aujourd'hui, pour beaucoup.*

Une lecture revigorante.

En tête à tête avec Orson - Conversations entre Orson Welles et Henry Jaglom éditées et présentées par Peter Biskind, un des meilleurs historiens spécialistes du cinéma américain. Le Nouvel Hollywood, c'est lui. Le livre est édité chez Robert Laffont.

* Au début des années 80 quand eurent lieu les conversations.

Sur la b.o., A Cigarette and a Silhouette par Mildred Bailey, une proposition de bon goût que Yaya vient de me faire parvenir.

Source affiche