mardi 16 septembre 2014

Belle (de) nuit


Dans les coulisses du cabaret le Sphinx à Paris (Pigalle) en 1956 par Frank Horvat.
Le lupanar homonyme, chic et exotique qui était situé dans le 14e arrondissement a été fermé en 1946.
Sur la b.o.:
Quelques saisons plus loin, M'sieur Serge mettait L'eau à la bouche des Français pour le film de Jacques Doniol-Valcroze. Plus d'un demi-siècle après les sessions d'enregistrement, je reste bluffé par la qualité de la prise de son et de la production artistique des premiers albums de Gainsbourg. A la fin des années 50, les techniciens étaient parvenus à une maîtrise inégalée compte tenu des moyens de captation sonore à leur disposition. (Une chaîne hifi correcte rend hommage à leur travail.)

Source: La France d'avant en photos, une jolie idée de blog.

Take A Break




Vinona est revenue si stressée de son stage de ressourcement - ou de revitalisation ? - qu'on a du lui donner son après-midi.
Pour ceux qui prennent le blog en marche, Vinona était (est ?) l'assistante tout terrain pour15minutes. En cliquant sur le libellé, vous découvrirez les épisodes précédents de notre tumultueuse mais néanmoins fructueuse collaboration.

Source (une mine)

Comme on les aime




J'ai trouvé ces charmantes diableries ICI.

lundi 15 septembre 2014

Toto aime la télé




Ce soir, France 2 diffuse Le testament du Dr Mabuse/Das Testament des Dr Mabuse. 
Réalisé par le Maître Fritz Lang*, le second volet des méfaits du diabolique docteur sortit dans les salles l'année 1933. Ce fut son premier film parlant et le dernier tourné en Allemagne avant la guerre. Il mit un terme à la collaboration du cinéaste avec Thea von Harbou, sa scénariste et sa compagne, qui prit la carte du parti national-socialiste (NSDAP) la même année. Après avoir refusé la proposition de Gœbbels qui voulait faire du metteur en scène de Métropolis le réalisateur officiel du régime**, Lang régla ses affaires, fit ses bagages et acheta un aller simple pour Paris. Contrairement à la jolie légende racontée par Lang lui-même - notamment à Armand Panigel lors de l'entretien fameux -, il n'a pas sauté dans le premier train en sortant du ministère du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande.

Sur FR2 à 23h50

* Interviouvé à Hollywood par Armand Panigel sur les années allemandes.
** Alors qu'il venait de faire interdire Le testament du Dr Mabuse.

dimanche 14 septembre 2014

Girls


The Cookies dans Girls Grow Up Faster Than Boys...
A la revoyure.

La banane !

Soniques et prophylactiques, les conseils pour15minutes:

Uniquement composé de titres originaux bourrés de clins d'œil sonores aux grands anciens, Rockabilly Riot - All original, le nouvel album du bon Dr Brian Setzer avec ses assistants du Riot Squad, est à ajouter à la b.o. de la fin du monde tel qu'on l'a connu. Le traitement préconisé ? Simple et efficace - depuis plus d'un demi-siècle, il a fait ses preuves: secoue-toi !

+ Un autre titre dans une veine jumpin' jive.

samedi 13 septembre 2014

Ceux qu'on écoute toujours


Déjà l'automne s'infiltre dans Calvingrad. Sa messagère est la bise sèche et coupante qui nous empêche de profiter des (dernières ?) terrasses.
Une suggestion pour passer agréablement ce week-end venteux: réviser ses classiques grâce à ce blog et sa remarquable bande-son. L'internaute qui l'anime possède une discothèque très sérieuse.

Hair attack ! (source)

jeudi 11 septembre 2014

Ciné-Récré



Lemmy Caution:
- Faites gaffe à minuit, fillette !

Photo du haut

Toto aggrave son cas


Cette belle image conçue en 1979 par Brian Duffy pour le groupe britannique, pardon écossais, Average White Band serait aujourd'hui refusée par tout directeur artistique soucieux de prolonger sa carrière. Motif ? Sexisme aggravé.

PS: Je suis un incorrigible naïf. Un DA n'aurait même plus à refuser cette image. Aucun photographe ou graphiste planchant pour une boîte de comm' laisserait un tel projet franchir les frontières de son auto-censure, la plus efficace des censures.

mercredi 10 septembre 2014

La pochette de la semaine

Je la trouve très bien l'illustration pour la face B du single d'Adam and The Ants Young Parisians en 1978.
Et le morceau ? Selon un internaute, il sonne un peu comme du punk rock d'aujourd'hui. Pas faux ça, même si le son est moins rentre-dedans que celui des productions actuelles. Quoiqu'il en soit, au rayon cuir et dentelle, il n'a pas du s'ennuyer le Adam à la fin des seventies.
Le chanteur est certainement l'auteur de l'illustration. Avant de piller le vestiaire de la Hammer au rayon pirates pour prendre la vague de l'after punk, il a suivi des études d'art graphique sous son vrai nom: Stuart Goddard.

vendredi 5 septembre 2014

Take A Break



Dieu seul a le privilège de nous abandonner. Les hommes ne peuvent que nous lâcher.

Cioran

jeudi 4 septembre 2014

Ceux qu'on écoute toujours


Je n'écoute presque plus de rock*. Pièce de musée ou ersatz poussif, il m'ennuie ou m'exaspère. Je n'écris pas cela pour faire le malin en vieux poseur snob car j'ai pris le temps d'écouter les titres des groupes et des chanteurs actuels, ceux que l'on dit importants. A l'exception du dernier album de Lana del Rey**, aucun ne m'a procuré le frisson sacré des créateurs qui crèvent l'oreiller. Sur la durée, seuls quelques albums sortis entre 1969 - année butoir à laquelle il faudrait consacrer un billet - et aujourd'hui ont échappé à l'impitoyable relégation. (notre cave) Parmi eux, le deuxième disque du duo new-yorkais Alan Vega/Martin Rev qui inventa l'électro-rock minimaliste ET romantique (si si !) à partir du milieu des années 70 sous le nom de Suicide. Dans ma discothèque épurée, les deux albums fondateurs sont rangés à côté des rondelles essentielles de NEU! et de Kraftwerk, ces autres dispensateurs de beauté durant les pénibles 70's, la première moitié surtout, quand tout était flasque et mou. (Fringues, design, prog'rock, visions du monde... Sauf le cinéma qui s'est plutôt bien comporté au cours de la décennie.) Avant de prendre un peu de champ, je dépose un lien vers l'inquiétant Mr Ray et un autre vers Diamonds, Furcoat, Champagne qui ouvre un album dont l'élégance pop perverse prit à contre-pied les intégristes punk de 1980, ce qui n'était pas pour nous déplaire. ;)

* Il ne s'agit pas des chers pionniers inoxydables imbibés de boogie, de rythm'n'blues et de country qui créèrent le rock'n'roll mais du vaste dépôt dans lequel on empile tout ce qui a été produit sous le label "rock" depuis les 60's, des Who à Jack White. Autre exception, le premier album des merveilleux Real Kids de Boston également sorti - il n'y a pas de hasard - sur Red Star, le label du regretté Marty Thau disparu en début d'année.

** Un petit reproche tout de même: le manque de ruptures rythmiques et soniques dans la tonalité générale d'un album fortement marqué par la neurasthénie. On en reparle dans six mois ?

mardi 2 septembre 2014

Nos copines cheerleaders


Depuis le début, pour15minutes soutient les pom pom girls, ces jolies filles sexy et motivées qui animent les salles de fêtes, les stades, les grandes surfaces et parfois aussi nos rues. On n'allait pas louper la bande annonce de American Cheerleaders, un doc' réalisé par David Barba et James Pellerito. (J'espère qu'il comporte des séquences vintage.)

Ceux qu'on verra




Outre l'âge - nous sommes d'exacts contemporains (1958) -, je partage avec Nick Cave une passion pour quelques écrivains américains rares* (Flannery O'Connor, William Faulkner, Carson McCullers), de vieux démons apprivoisés, le goût des boots pointues et des chemises hawaïennes, La nuit du chasseur de Charles Laughton, la pop de Kylie Minogue et les albums du Gun Club de Jeffrey Lee Pierce (RIP). Comment je sais cela ? J'ai eu l'occasion de discuter le bout de gras avec le Caveman lors d'une party après un concert à Genève à la fin des années 80. Certaines de ces passions sont peut-être évoquées dans le film, un docu-drama, que lui consacrent Iain Forsyth et Jane Pollard, 20,000 Day On Earth.
On verra.
Vers la bande-annonce

Note du 9 sept.:
La critique rock anglo-saxonne a visiblement apprécié ce docu-fiction, entre nous un genre plutôt casse-gueule, mais peut-on encore lui accorder du crédit ? La confusion entre publi-reportage et critique est aujourd'hui si fréquente qu'il est difficile de croire à la bonne foi des chroniques d'albums dans la presse spécialisée.

Note du 11 sept.:
Un vieux complice aux esgourdes bien affutées a entendu des échos plutôt négatifs à propos du docu-fiction. L'affaire serait trop arty pour (nous) offrir un honnête portrait rock'n'roll. Il donnerait dans le genre "regardez comme je pose bien à l'artissse inspiré". (Aie !) Le besoin de reconnaissance artistique a plus d'une fois envoyé dans les cordes du grotesque des musiciens inspirés. Si on regarde attentivement la bande-annonce, on devine les travers possibles... Bis: on verra ! En attendant, je fais inlassablement tourner les deux nouveaux albums du dernier songwriter issu de la génération 1977-1980. Savoir durer en vieillissant bien (artistiquement) n'est pas donné à tous les rockers. Push The Sky Away renferme des pépites où le caveman distille une mélancolie jamais complaisante grâce à la beauté des compositions et la finesse des textes. Quant à l'album capté lors d'une session radio sur KCRW, il contient quelques uns des meilleurs morceaux - des classiques - de la discographie des Bad Seeds, notamment une version posée très inspirée de The Mercy Seat, un des titres qui ont propulsé Nick Cave parmi les grands auteurs du songwriting rock.

* Des écrivains, à mille lieues des graphomanes pondeurs de stories au mètre conçues pour l'adaptation filmée, ce graal hollywoodien, qu'il s'agisse de comédies de moeurs insipides ou, plus sournois car paré de l'alibi intellectuel, de scripts de séries TV "haut-de-gamme". Le résultat est le même, un aplatissement de la littérature.

lundi 1 septembre 2014

Au temps du Cinéma


En 1984, Philippe Garnier, Claude Ventura et Olivier Guiton partirent sur la piste de Tippi Hedren. Au bout d'un safari hollywoodien, ils rapportèrent pour la boîte aux images qui bougent une interviouve de l'une des actrices préférées d'Alfred - "sa dernière blonde" - après  Grace Kelly et Kim Novak.
Moteur !

samedi 30 août 2014

Toto aime l'art


Jane Fisher, Swimsuit Competition et She Fell 

Via, un blog consacré aux figuratifs américains du XXIe siècle.
Sur la b.o.: 
Teho Teardo et Blixa Bargeld, Crimson and Clover

vendredi 29 août 2014

Lost Places


Jeune femme à la terrasse d'un café viennois en 1961 par Kees Sherer.
La rue semble paisible et elle l'est certainement. Un café, une cigarette... Elle n'attend personne. Elle s'offre juste une pause. Atmosphère oubliée, monde englouti.

Source, une mine iconographique pop, fashion, cinéma, etc.

jeudi 28 août 2014

La pochette de la semaine



La pochette de la b.o. de la série Johnny Staccato avec l'impeccable John Cassavetes en privé pianiste de jazz donne envie de revoir le premier épisode de cette production exemplaire où Staccato tente de mettre fin au chantage exercé par le patron d'un journal à scandales sur un jeune chanteur. Il avait été diffusé dans le cadre de l'inégalé Cinéma Cinémas.
Rendez-vous chez Waldo's.

(Merci à Yaya)

mercredi 27 août 2014

Hair attack: bananes et pompadours


J'ai retrouvé Blue Suede Shoes, le doc' britannique de 1979 sur la seconde génération Teds & rockab' dont nous causait Debout. Effectivement, c'est de la bonne came. Avec une mention pour la prestation de Ray Campi and his rockabilly rebels.

mardi 26 août 2014

Belle (de) nuit


Folie d'Opium - YSL n'a rien inventé - et Le Lilliputien.

J'ai trouvé la charmante illustration et la pub ancienne dans les pages flickr d'un internaute néerlandais. Take A Dream...

dimanche 24 août 2014

Nice Boys Don't Play Rock'N'Roll


Pour pimenter le dimanche après-midi, un moment de la semaine particulièrement propice aux retours soniques vers le futur frôlés par l'aile de la mélancolie - on ne se refait pas, à quoi bon ? -, je vous propose de retrouver Little Richard, un des meilleurs performers de l'histoire du rock'n'roll, Gene Vincent un peu rocker lunaire, un Jerry Lee Lewis survolté comme d'habitude ou encore Eric Burdon and The Animals. Que l'internaute qui a retrouvé l'émission originale (1964) soit loué ! Des extraits étaient déjà visibles sur YT, mais je ne savais pas qu'ils provenaient de ce show. Et puis j'aime bien le générique de début à moto.
Vous vous installez dans votre meilleur fauteuil avec tous les additifs nécessaires à portée de main et vous envoyez Don't Knock The Rock !

PS: Le son et l'image ne sont pas parfaits, mais l'énergie contenue dans cette capsule compense largement les petits inconvénients.

Note du 30 août:
Le show date de 1964, une année charnière dans la toute jeune histoire du rock'n'roll. La génération Gene Vincent, celle des pionniers, traverse une mauvaise passe. S'ils veulent durer ou revenir (déjà !), ils ne doivent pas succomber aux gimmicks oubliés à peine lancés par les boîte de comm' qui façonnent l'image de starlettes à teenagers. Ils affrontent la double offensive du british beat (Them, Animals) et du rock-pop (Beatles) qui va les figer dans leur posture aussi durement que la laque fixe les bananes. Pendant deux ans, la modernité rock est du côté des Mods justement, gavés de soul et d'amphets. Jerry Lee Lewis et Little Richard refusent d'abdiquer face à la double dictature. La sauvagerie maîtrisée, ce moteur des grands showmen rock'n'roll, a fait leur succès; elle le refera demain. Ils se retirent un peu mais n'arrêtent pas de composer et de tourner. Ils jouent dans des salles indignes de ce qu'ils furent ? Ils jouent, c'est tout ce qui compte, croisant de jeunes types qui montent sur scène sapés comme des caissiers endimanchés ou des clergymen. La traversée du désert sera longue, jusqu'au milieu des 70's, quand Dr Feelgood - ces mêmes types croisés dans des patelins obscurs -, Ducks Deluxe et Eddie & The Hot Rods donneront envie à une nouvelle génération de faire une descente aux archives soniques. Et là...

jeudi 21 août 2014

Quand nos murs avaient de l'allure




Joost Swarte, Ever Meulen et Daniel Ceppi.
Quand les dessinateurs de mickés mettaient leur talent au service du rock'n'roll. Ça se passait à Genève dans les années 80.
Source

Les années 80 ne sont pas si éloignées, pourtant au vu de ces affiches, c'est un autre monde. Depuis, les niveleurs de l'art post moderne ont voulu liquider les notions de technique, de style et d'harmonie. Sur nos murs aujourd'hui, on voit le résultat de trois décennies de nihilisme appliqué à ce qu'on appelait encore les Beaux-Arts.

Transports




Bon voyage !

Dans sa valise, l'intrépide voyageuse a glissé le réjouissant Journal d'un étranger à Paris de Malaparte réédité  en poche à La Table ronde.

mercredi 20 août 2014

Au temps du Ciné... (Cut !)


J'allais déposer un lien vers The Buddy Holly Story une série B de 1979 dirigée par Steve Rash pas honteuse du tout, bien au contraire, consacrée à la carrière météorique du kid de Lubbock (Texas). Buddy est interprété de façon remarquable par un Gary Busey* qui a su éviter le piège de la doublure hyperréaliste. Les fans de l'acteur assurent que c'est une de ses meilleures prestations. Problème, il vient d'être retiré, une histoire de droits comme d'hab'. Me voilà bien. Il va falloir se contenter de cet extrait et de celui-là.

Sur la b.o., je n'ai pas choisi une composition de Buddy Holly mais cette interprétation étonnante du standard fameux de Johnny Kidd, Shakin' All Over.

* Busey a enregistré les classiques de Holly, un pari risqué dont il se tire plus qu'honorablement.

mardi 19 août 2014

Plus glamour, t'es mort !



Broadway, 1958: Miss Julie Newmar a pris la pose sur la scène de la pièce The Marriage-Go-Round. Dans la version filmée trois ans plus tard, la sculpturale danseuse allumera les sens de James Mason.

(Source: Archives Life)

lundi 18 août 2014

Postcards from the Past




Italia, Italia

Source, le forum consacré à la carte postale et motorisée.
Sur la b.o. (en v.o.)
Je remets le twist simpatico retiré parce qu'il ne colle pas bien - je trouve - aux images de Beat Girl, ce vrai film culte. Puriste? Moui et non; le mélange des genres n'est pas toujours heureux et le cinéma italien des années 60 comporte assez de jolies séquences rock et twist pour illustrer ce morceau. Quoiqu'il en soit, le revoilà, toujours interprété par Spero & I Crazy Rock Boys.

Chez les contents pour rien



En lisant dans un récent numéro du magazine suisse L'Hebdo une énième critique - ou doit-on parler d'article promotionnel ? - à propos des nouvelles (?) installations d'art officiel visibles au Mamco(pinage) de Genève dans laquelle le chroniqueur citait bien évidemment Duchamp, j'ai repensé à ces lignes:

En labellisant ses urinoirs et en ajoutant des moustaches à La Joconde, Duchamp inventait la provocation anodine, qui ne demandait qu’à passer à l’état de procédé publicitaire. Ce qui ne manqua pas d’arriver. Depuis lors, le mode d’intervention préféré des "artisses" (Louis-Ferdinand Céline), c’est le simulacre de la provocation. Cela donne des légers émois sexuels à toute les Marie-Chantal de l’art contemporain. Des provocations éventées et convenues qui fonctionnent comme des coups marketing à la manière des publicités Benetton. Zéro risque, la signature du niveau zéro de l’art. Des petits pets dans l’eau, des éviscérations en 3D, des automutilations pour rire, des installations ineptes situées quelque part entre le stade banal et le stade anal. Le charlatanisme, mais sans l’humour. La provocation, mais sans la prison. Le mal, sans la damnation éternelle. Le saut dans le vide mais du haut d’un tabouret.

François-Laurent Balssa

dimanche 17 août 2014

Plastic people (4)


Source, un blog pionnier de la "photo trouvée". Elle y règne, loufoque, inquiétante, séduisante ou d'une apparente banalité touchant parfois au génie poétique.

samedi 16 août 2014

Dans ma boîte @ mails


J'ai voulu profiter d'une petite heure de soleil matinal pour m'aérer la tête, mais déjà le temps se gâtait, alors j'ai pas trainé. J'avais repéré une minuscule librairie d'occasion dans le quartier des Grottes au dessus de la gare de Genève-Cornavin. Chaque fois que je passais devant, elle était tristement fermée mais ce matin sur le chemin de mes pénates, je la trouvai ouverte et pleine. Nous étions trois visiteurs. J'ai choisi pour un franc Ouvert la nuit, le recueil de nouvelles de Paul Morand dont je possédais déjà l'autre volume, ce Fermé la nuit qui m'avait emballéDans sa préface à l'édition de 1957, l'auteur écrivait:
La nouvelle se porte bien; elle est en train d'échapper aux périls où le roman est exposé (occupation du terrain par les écrivains philosophes, dissociation du moi, effondrement du sujet, après celui de l'objet.) La nouvelle tient bon, grâce à sa densité. Elle garde un public vrai, celui qui ne demande pas à un livre de lui servir d'aliment (un écrivain n'est pas un restaurant.) Il n'y a pas de quoi se nourrir dans une nouvelle, c'est un os. Pas de place pour la méditation, pour un système de pensée. On peut tout mettre dans une nouvelle, même le désespoir le plus profond, mais pas la philosophie du désespoir.
Quand Morand tourne ces lignes, la littérature française est prise en otage par le roman engagé. (Sartre, Camus) Alors que les belles consciences lancent mots d'ordre et oukases, lui et les "hussards" - j'emploie l'expression par commodité - réclament au contraire le désengagement* des lettres françaises et le retour du style. Tout est en place pour un malentendu qui dure encore. Mais revenons au petit coin à lire qui a échappé aux fonctionnaires en charge du recensement et du démembrement urbains. Dans le maillage ultra serré du centre ville, entre bureaux, lieux administratifs et espaces commerciaux, qu'un lieu comme celui-là ait réussi à échapper aux descentes des fonctionnaires planificateurs - Genève possède d'inénarrable bureaux chargés de l'urbanisme et de la mobilité (ou de l'immobilité selon les mauvais esprits) - tient du miracle car le constat est rude. Déambuler à la façon de Debord ou de Léon-Paul Fargue (son Piéton de Paris est une pure merveille.), l'esprit ouvert et la curiosité aiguisée, est devenu problématique dans les centres ultra balisés des nos cités vidées de leur âme par les planificateurs du malheur.

* Kléber Haedens et Antoine Blondin, passionnés de sports d'équipe, auraient parlé de dégagement.

A propos de Morand, les éditions Montparnasse sortent un double DVD regroupant les entretiens qu'il accorda à Pierre-André Boutang. Pour soirées d'automne.

Photo: Yaya m'a fait parvenir ce chouette portrait de Bacall, une des icônes de nos vingt ans. Trench, robe ou tailleur, escarpins et cigarettes: les filles sortaient sapées comme ça pendant nos années polar à la fin des 70's. Elles avaient du style. Vous l'avez sans doute remarqué, cet été les femmes glissent à nouveau leurs corps dans des robes légères. La rue érotisée reprend des couleurs.
Sur la b.o.